Restauration d’une bureau acheté il y a peu pour mon fils sur leboncoin. Il s’agit d’un bureau en pin assez basique, toujours en vente en neuf mais avec une finition différente. Sur l’annonce il paraissait relativement en bon état, même si j’avais de toute façon prévu de le revernir.
Inspection du bureau avant restauration
Voilà quoi il ressemblait neuf :

Voilà ce que j’ai acheté :

Ce qui saute aux yeux, c’est que les bords du plateau sont différents par rapport à la version neuve et la corniche est manquante. De toute façon je ne voulais pas la corniche, c’est juste de la place perdue.
Après inspection, voilà ce que j’ai pu identifier :
- Le plateau est percé pour les points de fixation de la corniche.
- Le pied à gauche du bureau est cassé avec des points de fixation arrachés.
- Le plateau est marqué de PARTOUT, preuve qu’il a bien été utilisé. Idem pour les faces avant des tiroirs.
- Le plateau a des trous de vers.
- Les poignées en laiton sont complètement oxydées.
Le démontage
La première chose que j’ai du faire avant de rentrer dans le vif du sujet a été de faire de la place sur mon établi. Entre la scie à onglet, la ponceuse lapidaire et la dizaine de projets en cours, j’avais à peine la place de poser un tiroir. Sans parler des 5kg de sciures étalés un peu partout.

Le démontage s’est fait globalement tout seul, le meuble n’étant pas collé. Les panneaux sont tenus avec des vis biaisées et des centrages avec des tourillons. Les tiroirs sont simplement vissés. Tous les panneaux sont en pin (ou sapin) massif et ont 2-3 marques à droite à gauche, mais sans gros dégât. Enfin c’est ce que je croyais au début de la restauration.
A part deux tiroirs qui ont eu besoin d’un resserrage, pas de surprise.

Les réparations du montant du bureau
Le montant gauche du bureau a subi quelques dégâts, certainement dus à une manipulation malheureuse. Une vis et un tourillon de fixation de l’habillage bas ont fait éclater le bois.

Afin de remplacer les parties manquantes, j’ai taillé des greffons dans une chute de bois de palette (je crois). Le montant est ensuite découpé, d’abord au couteau à tracer, puis au ciseau à bois pour un collage aussi serré que possible.

J’ai ensuite arasé les deux greffons au rabot et au ciseau à bois. Même si le résultat n’est pas aussi propre que je l’aurai souhaité, c’est suffisant pour une partie très peu visible.
La restauration du plateau du bureau
Comme précisé plus haut, le bureau d’origine avant une corniche, aujourd’hui manquante. Le plateau du bureau a du coup des perçages pour les vis et les tourillons pour la fixation du tout.

Pour les boucher, j’ai taillé au ciseau à bois des petits cônes dans du bois de palette pour les rentrer en force au maillet avec de la colle à bois. J’ai essayé autant que possible d’aligner le grain des rajouts avec celui du plateau. Même si l’alignement est bon, la différence de largeur de grain reste bien visible, je ferai surement mieux la prochaine fois.

Pour les trous de vers, après traitement, j’ai appliqué un mélange de colle et de sciure pour les boucher. Pour une future restauration, je pense que testerai de la pâte à bois toute faite, le résultat devrait être meilleur et avec plus de facilités à choisir la couleur qui va bien.

Une fois les trous bouchés, restaient toutes les déformations liées aux divers chocs et mauvais traitements. En ponçant grossièrement, il est apparu que le plateau en était complètement rempli !
Le premier réflexe est de se dire qu’on va passer des heures à poncer. Sauf que ça a été l’occasion de tester un truc découvert sur la chaîne Youtube de Flipping Drawers (que je vous recommande chaudement, il est spécialisé dans la restauration de vieux meubles en bois). L’idée est de vernir appliquer à l’aide d’un fer à repasser et d’un tissus mouillé un gros taux d’humidité afin de faire gonfler les fibres de bois et donc rattraper les renfoncements. Bien sur, avant ça, il faut faire un ponçage pour enlever le vernis, sinon il fait barrière.

J’avoue que j’étais assez curieux de tester et de voir l’efficacité du process. Résultat, je suis impressionné ! La majeure partie des marques a tout simplement disparu après séchage et ponçage.
Le ponçage et la finition
Le vernis sur le bureau était vraiment dur. Je m’attendais à devoir beaucoup poncer mais j’ai été surpris par la résistance du vernis. Heureusement, voyant venir la galère, j’ai acheté un racloir fait pour ce genre d’opération. (On le voit sur la photo juste au dessus). Et de toute façon ça servira pour de futures restaurations.
J’avais déjà une lame de spatule que j’avais modifiée pour en faire un racloir, mais l’efficacité n’a rien à voir. Le fait de pouvoir appuyer avec une main tout en tirant est un énorme avantage. Par rapport à un ponçage, j’ai du diviser le temps passé par 5 (sans exagérer).
J’ai mis toutes les parties visibles à nu pour pouvoir les revernir avec une couleur moins orange, moins datée et plus en accord avec le reste de la maison (c’est de la déco, pouvez pas comprendre, je ne comprend pas non plus). J’ai choisi de ne pas reprendre les parties cachées, par pur fainéantise pragmatisme, le vernis étant solide et en bon état. J’y ai quand même passé du temps, entre le racloir et la ponceuse.

Une fois toutes les surfaces à nu, j’ai passé partout un coup d’éponge humide afin de redresser le grain du bois pour finir par un dernier coup de 240.
Pour le vernis, j’ai du abandonner mon atelier pour une zone moins poussiéreuse et surtout avec une température ne frisant pas les 0°C. J’ai donc squatté temporairement une chambre après avoir protégé le sol.

(Il y a en arrière plan deux des premières réalisations publiées sur Zeutelier … c’était il y a 9 ans !)
Pour le vernis, je suis parti sur une couche de vernis acrylique V33 couleur chêne doré suivi de vernis V33 transparent brillant. Sur le plateau, j’ai passé en tout 3 couches de vernis transparent afin de renforcer la surface et protéger à minima des diverses agressions qu’un enfant de 8 ans peut faire. Ceci dit, vu qu’il m’a aidé à vernir, il va peut être y faire très attention …
Après 48h de séchage, je suis donc passé au remontage.
Le remontage du bureau en pin
Rien de sorcier, il suffit de faire à l’envers du démontage. J’ai quand même choisi de coller tout le bloc avec les tiroirs afin de lui donner un peu de structure. Le bloc étant de taille limitée, il ne posera pas problème pour le déplacer. J’ai laissé le reste monté avec des vis sans colle afin de simplifier un futur déplacement. Voir même une future restauration.
Le seul petit problème que j’ai rencontré est avec l’une des réparation que j’ai fait sur le plateau. Il se trouve qu’une partie des trous rebouchés servaient pour la fixation du plateau sur la base, étant masqués par la corniche. Donc quand j’ai mis le plateau en face, l’un des plugs est remonté.

Une coupe toute en finesse, une retouche de vernis et c’est quasi invisible.
Les poignées sont restées volontairement avec leur patine foncée, sans restauration ni quoi que ce soit. Avec les façades des tiroirs éclaircies, elles ressortent bien et rendent mieux (à notre goût) que couleur laiton brillant. Et puis comme ça, pas la peine de les passer au Mirror tous les 6 mois.
Au final, une fois en place sous l’étagère à Lego, voilà ce que ça donne :
